Hello world!

On me souffle dans l’oreillette que c’est à moi. Voui voui, j’arrive!

Ahum! Ben voilà c’est keisha, lectrice compulsive anonyme (private joke) , qui se lance avec WordPress.

Je remercie beaucoup mes parents, l’institutrice qui m’a appris à lire, toutes les personnes qui m’ont offert ou prêté des livres, et le magasin de meubles qui vendait ses bibliothèques pas trop cher.

Cher public, je suis très émue.

Intrigue à L’anglaise – Adrien Goetz

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Intrigue à l’anglaise

Adrien Goetz

Lu en Livre de poche, 2009

Et si la tapisserie de Bayeux (XIème siècle) était un faux du XIXème siècle? Et si la Reine d’Angleterre n’était qu’une usurpatrice? Où sont les trois derniers mètres de la tapisserie et que représentaient-ils?

Nous sommes en 1997, Diana va mourir, Pénélope Breuil vient d’être nommée conservatrice adjointe au Musée de la Tapisserie à Bayeux, elle en est fort marrie, mais quelle idée de se prénommer Pénélope, non? Son créneau, sa passion, c’est l’ancienne Egypte copte. Mais cette nomination est-elle totalement une erreur de casting?

La conservatrice du Musée est victime d’agressions, Pénélope d’un vol. Son ami Wandrille l’aide à mener l’enquête, qui mêlera Vivant Denon, Napoléon, le Duc et la Duchesse de Windsor, Hitler (qui voulait que Paris soit détruite, mais la Tapisserie sauvée) et des amateurs de reconstitutions médiévales.

En star absolue, évidemment : la Tapisserie de Bayeux !

Une « comédie policière » bien ficelée, érudite, déstabilisante (où est la vérité historique???) et spirituelle. C’est léger comme du champagne et ne se prend pas au sérieux. Un petit bémol au sujet du Club, qui ne joue aucun rôle, et dont on pouvait se passer, et de la mort du vétérinaire, sans grand intérêt. Un peu tiré par les cheveux, finalement, mais plaisant à lire.Une belle balade en Normandie…

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en haut à gauche : la comète de Halley (1066)

Dans Intrigue à Versailles l’auteur reprend ses personnages qu’il avait un peu vite laissés en fin de roman.

Les avis de Isabelle,

Merci au Livre de Poche

Exils – Nurruddin Farah

https://i1.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/9/8/2/9782268069289.gifExils
Nuruddin Farah
Le serpent à plumes, 2010

L’auteur : voir ici
Déjà lu : les deux premiers volumes d’une trilogie, Du lait aigre-doux et Sardines, qui se déroulaient durant la dictature militaire de Siyad Baré en Somalie. Les trois romans sont présentés chez Ballades et escales en littérature africaine.

Quatrième de couverture :
« Après vingt ans d’exil à New York, Jeebleh décide de retourner en Somalie, son pays. Au programme: trouver la tombe de sa mère et aider son ami d’enfance Bile à récupérer Raasta, sa fille enlevée. Mais quand il débarque à Mogadiscio, Jeebleh se rend compte que la situation a radicalement empiré.
Les clans ont divisé le pays, les adolescents prennent les gens pour des cibles et les Américains ont la gâchette facile. Le tâche de Jeebleh est complexe, d’autant qu’on se méfie de lui. A quel clan appartient-il aujourd’hui?
Dans ce monde chaotique où rien et personne n’est ce qu’il paraît, où chaque mot peut être une bombe, la petite Raasta, nommée la Protégée, représente l’espoir. Ses mots, sa présence sont le seul réconfort de ce peuple de vautours gouverné par la peur. »

Des passages pour l’ambiance générale:
« Où était le danger? Qui était un ami, qui était un ennemi? Il avait été habitué à l’arbitraire d’un régime dictatorial où une simple rumeur vous envoie en prison, à une anarchie civile telle que votre vie pouvait dépendre d’un jeune armé d’un fusil pour la simple raison que vous apparteniez à un autre clan que le sien. »
« Qui était-il (Af-Laawe) en réalité? Un médiateur de conflit grassement rémunéré par l’Union Européennne? Une escroc de haut vol qui avait planqué son magot dans une banque suisse? Un philanthrope dont l’ONG se chargeait d’enterrer des corps non réclamés? Le gardien d’une villa désertée par une famille en ruine? »

Mes impressions :
Suivre Jeebleh dans Mogadiscio aux mains des chefs de guerre nommés Strongman North et Strongman South s’avère une totale découverte des réalités somaliennes et de la vie -ou survie- de tous les jours où la mort rode (et les vautours survolent le tout). Comme lui, on se demande qui est qui, à qui faire confiance. Les réponses ne sont pas vraiment explicitées, des forces cachées sont à l’oeuvre et sans doute à l’origine du dénouement, à nous comme à Jeebleh de deviner. Les dialogues nombreux passent parfois du coq à l’âne ou s’interrompent brusquement, comme dans la vie, d’accord, mais c’est un peu désorientant dans un roman. Ceci étant, on arrive quand même quelque part, en dépit de tous les secrets et les non-dits.
Le titre original est Links (liens), moins parlant qu’Exils pour les lecteurs francophones, bien sûr, mais il gomme les allusions nombreuses au pouvoir de la famille et des clans en Somalie. Au point que Jeebleh s’interroge sur l’emploi des « je », « nous », ils »… »

Une bonne occasion de retrouver Nuruddin Farah dans une Somalie mal en point (la dernière fois, c’était sous une dictature), et d’imaginer à quel point Mogadiscio était une ville superbe.
https://i1.wp.com/farm1.static.flickr.com/123/366571059_dabe2069a0.jpg « Je n’ai pas de champs cultivés à vous offrir
Ni d’argent, ni d’or!
Le Pays n’est que broussailles.
Si c’est du bois et de la pierre que vous cherchez,
Vous en trouverez en abondance,
Ainsi que des nids de termites.

Tout ce que j’ai à vous donner, c’est la guerre
Si c’est la paix que vous voulez, quittez mon pays. »
Sayyid Mohammed Abdullah Hasan, poète somalien du début 20ème siècle.

Merci à Anne Vaudoyer du Serpent à plumes.
Les avis de

amour au jardin

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Rien d’exotique dans ce petit recueil, juste des plantes et bestioles observables sous nos climats, mais que c’est chaud parfois! La timide violette et la rustique primevère cachent bien leur jeu! C’est que l’affaire est d’importance : avant de mourir il faut se reproduire! Quand on ne peut bouger, que faire? Attirer les insectes qui se chargeront de la besogne, tiens! Et elles savent y faire, les coquines, pour arriver à leurs fins.

Ensuite voici les étreintes des carabes, des mantes  et des araignées qui se terminent très très mal pour le mâle, dévoré après usage. Et chez les escargots et limaces, ça se passe comment, hein? Loin, très loin au dessus des Harlequin collection passion, c’est d’un érotisme torride!

Pour décrire ces amours campagnardes, Jean-Pierre Otte use d’un style absolument somptueux; ses récits sont précis, documentés, très (trop parfois quand il s’agit de penser comme eux) imaginatifs aussi quand il s’agit de décrire les pensées de ces êtres, mais le résultat est une petite merveille!

Vous ne regarderez plus votre jardin du même oeil.

Lignes de faille – Nancy Huston

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Lignes de faille
Nancy Huston

Actes Sud Un endroit où aller

Vertigineuse remontée dans le temps par la voix de quatre enfants de six ans.

Sol, le petit californien de 2004, nous parle de sa famille, qui va en Allemagne rendre visite à la soeur de son arrière grand’mère ; en 1982 Randall, père de Sol, raconte l’installation de ses parents en Israël, à l’initiative de sa mère Sadie . Celle-ci poursuit à Haïfa des recherches sur les enfants des « fontaines de vie » ou Lebensborn, en particulier sa mère « Erra »  ; vingt ans plus tôt Sadie est élevée par un couple de canadiens qu’elle croit être ses grands parents puis rejoint le foyer de sa mère Erra.
En 1944 Kristina, qui sera connue comme chanteuse sous le nom d’Erra, voit arriver dans sa famille en Allemagne le jeune Josef.

Ce roman se dévore (je l’avais déjà lu il y a 16 mois mais le plaisir est intact), les paroles des quatre enfants sont transcrites sans trop s’occuper de ponctuation, mais tout est parfaitement lisible. Nancy Huston a magistralement dominé la narration à l’envers, le suspense est intact, les pièces du puzzle trouvent peu à peu leur place, chaque détail a son importance (c’est normal de devoir aller en arrière vérifier un point trop vite lu !) petit à petit on découvre pourquoi Erra chante de cette façon, l’histoire de l’ours en peluche, pourquoi Sadie est en fauteuil roulant, qui a raconté les blagues ou posé les devinettes …

Jusqu’à la fin où la boucle est bouclée dans une magnifique pirouette, qui éclaire définitivement les coins restés dans l’ombre.


Après la première lecture de Lignes de faille en 2007, j’avais complété en enchaînant avec celle de Au nom de la race de Marc Hillel. Ce n’est pas un roman, mais une enquête passionnante basée sur des documents et témoignages historiques.
Voir la couverture(livre de poche)

David sur ordonnance – Pascale Ferroul

Pascale Ferroul

David sur ordonnance

Actes Sud Babel Noir

Marianne est médecin psychiatre, elle travaille en hôpital et a l’idée, pour souder quelques-uns de ses patients, de les emmener assister à un concert de David Bowie aux arènes de Nimes.

Le lendemain elle les réunit pour les faire parler de cette soirée, mais rien ne se passe comme prévu.
Un meurtre a été commis. Par l’un des patients ?

J’ai été très attirée par le style personnel, l’humour et le sens de la formule de Pascale Ferroul.

Il m’avait offert une robe, et quand il m’avait tendu son cadeau tout bigarré, enveloppé avec un tas de rubans, je m’étais exclamée :

  • Quel merveilleux emballage !Mais ce n’était pas l’emballage.

Et cette affirmation à double sens :

La quarantaine est une période d’isolement.

Très habile construction, grande maîtrise de la narration pour ce bref roman policier qui fait honneur  à la dénomination de roman tout court. Et attention ! Jusqu’à la fin il y a des surprises; inutile de tricher, c’est tellement bien emballé qu’il faut lire tous les détails de cette histoire pour comprendre … et avoir peur pour la suite.

Bref, une jolie découverte et l’envie de lire plus de cet auteur.

… voir Plus petit que moi tu meurs